CONTE

 

THEME: L'après Pentecôte

TITRE: LE JARDIN EPINEUX


Prière:Au Nom du Père, du fils et du Saint-Esprit, amen.
Seigneur, que ton Saint-Esprit nous arme de courage et ouvre nos yeux au trésor caché au milieu des épines de la vie. Au Nom de Jésus, amen.

Lire: Mt 13.44 & Mt 14.13-21


    Un vieUn notable, très grand cultivateur, avait plusieurs enfants dont 3 fils,
tous trois de caractères différents et disons-le, diamètralement opposés. Mais ils s'entendaient tous, quoique Yéli le plus jeune, soit toujours obligé de faire à lui seul les tâches les plus ingrates. Son père bien qu'il ne le lui montrait pas ouvertement, éducation oblige, avait pour lui une tendresse et une affection toute particulière, qu'il espérait lui témoigner un jour.
    Hélas, cette occasion ne se présenta qu'aux derniers jours du patriarche. Au soir de sa vie, ce dernier rassembla ses trois garçons, les conseilla longuement puis céda à chacun d'eux une grande part de ses biens. Les deux aînés, paresseux et envieux héritèrent de toutes les maisons, tous les commerces et toutes les plantations environnantes.
Dynamique et curieux, aimé de son père pour son bon coeur également, Yéli reçu en tout et pour tout une terre isolée dont leur père ne parlait que vaguement. C'est que cet immense terrain était depuis toujours envahi par des plantes sauvages et des épines drues et dissuasives, avec en prime un gigantesque arbre ancestral pratiquement sec qui pouvait vous tomber dessus à n'importe quel moment. Une petite maison se perdait dans les broussailles.
   
    Frustré d'un tel cadeau, comparé aux champs de cacao et de légumes, aux maisons et camions, légués à ses aînés -et même à ses soeurs!- Yéli commença à douter de l'amour de son père pour lui. L'amertume dans l'âme, Yéli n'eu pas le courage d'aller travailler sur ses terres. Il refusa donc l'héritage et décida de ne jamais y mettre les pieds.
Le benjamin s'occupa ainsi à d'autres affaires afin de nourrir sa petite famille, malgré les supplications de son épouse et de sa fillette.
Mais, ses maigres revenus s'apauvrissant de jours en jours, il dut s'incliner, quitter la maison familiale pour défricher la partie du jardin épineux incluant la maisonnette.

    Pendant des années, Yéli vécut modestement dans la petite maison attenant au champ épineux avec le sentiment d'être nargué tous les jours par les épines qui luisaient au soleil et par l'arbre toujours plus vieux qui refusait de tomber. Ses frères pendant ce temps étaient riches et menaient une vie de rêve, sans se soucier de lui, ce qui augmentait sa colère.


Plusieurs années ont passé. Installé dans la maison, Yéli ne s'est pas rendu compte que sa femme les nourrit des légumes et du gibier pris dans le potager du jardin. La terre en effet y est très fertile et la broussaille du côté inexploité du jardin abrite des animaux bons à manger.

Fatigué de cette vie de misère, Yéli désespéré et affaibli par des années de réflexions, calculs et ruminations opte pour la vente de son bien. Sa fillette, habituée à cet endroit réagit très mal à cette annonce et s'enfuit dans la "petite" forêt chargée d'épines. Ses parents la rappellent, la poursuivent, sans succès. Très agile, la petite se faufile dans la jungle et disparaît.

Avec femme et ouvriers, Yéli, effrayé, se met à travailler d'arrache pied, déracinant les buissons épineux, coupant les lianes râpeuses et les arbustres rigides. Au bout de quelques temps de rudes travaux, il arrive aux pieds de l'arbre gigantesque qu'il trouve vraiment sec et tellement calleux qu'il en a presque de l'horreur.
Alors que Yéli contourne l'arbre pour voir comment l'abattre, essoufflé et écorché qu'il est, il découvre à sa grande surprise un rejeton de l'arbre déjà assez grand pour porter fleurs et fruits. Par terre, sa fille, tranquillement assise au milieu d'un gisement d'or à fleur de terre qui émerge des racines de l'arbre!

Tombant à genoux et pleurant, Yéli rejoint par les autres, bénit son Dieu et son père, pour lui avoir laissé la part d'héritage la plus précieuse: un gisement d'or pur caché à l'oeil nu par une épaisse forêt d'épines.

Cette richesse le rendant plus puissant que ses frères, Yéli s'empressa de rassembler sa famille pour réaffirmer ses droits sur le jardin épineux.

"Le royaume des Cieux ressemble à ceci: il y a un trésor caché dans un champ. Un homme trouve le trésor et il le cache de nouveau. Il est plein de joie, il va vendre tout ce qu'il a et il achète ce champ (Mt 13.44).


OUI. Le Saint-Esprit qui est descendu sur les apôtres le jour de la Pentecôte a ouvert une porte vers le Royaume des Cieux. Comme le champ de Yéli, le terrain était encore en friche, tout était à faire. Et c'est cette force que le Saint-Esprit est venu donner aux apôtres. Eux, ont eu le courage de passer sur "les plantes sauvages et les épines", c'est à dire les railleries, les moqueries, les coups et les tortures pour défricher le champ du Seigneur et semer la bonne nouvelle que Dieu lui-même ferait croître (Lc 21.16-19)
Derrière les montagnes de difficultés se cachait un trésor à découvrir et à partager avec les frères et soeurs: la vie et la richesse éternels en Dieu.

   Le père de Yéli parce qu'il l'aimait et savait le potentiel de son fils a voulu l'éloigner de la cupidité et de la méchanceté de ses frères. Il serait bien temps de demander au Seigneur, son discernement et d'entrer dans le champ d'épines que nous avons reçu en héritage. En toute chose, apportons nos cinq pains et nos deux poissons, c'est à dire, au moins notre effort et notre motivation pour que le Seigneur multiplie le peu qui existe déjà (Mt 14.17-18).

    Yéli, c'est aussi nous, aujourd'hui qui nous imaginons qu'être aimé de Dieu nous garantit une vie de rêve, des plages ensoleillées avec vahinées ou une vie salariée sans travailler. Celui qui a Dieu a déjà le trésor (Mt 13.44). Et c'est en labourant dur, se débarrassant du raisonnement humain, des chimères et de la vie facile (cailloux) que l'on s'approprie le trésor (Le Royaume de Dieu).

    Comme la fillette de Yéli, ne nous laissons plus arrêter ou détourner par ce qui blesse, contrarie, voir humilie ou demande trop d'efforts. Ayons une confiance aveugle en l'amour de Dieu, afin que l'Esprit-Saint nous conduise jusqu'au Royaume des Cieux manifesté en Jésus Christ qui est le Chemin, la Vérité et la Vie.

Dieu nous bénisse

Luméria D.
LéanaD.

 

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