Conte chreativities: La marmite qui boue!

THEME: L'OEUVRE DE DIEU
 
TITRE: LA MARMITE QUI BOUE

 
Prière: Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen!
o Jésus, Fils de Dieu, appelles-nous à te servir avec Amour, esprit de partage chrétien; sanctifies-nous, nous t'en prions, et fais de nous des tabernacles vivants.
 
Lire: Esdras 9.6
 
 
            A des kilomètres à la ronde, on reconnaissait en ASSYKE, un village d'exploitants fruitiers, une terre bénie où les habitants militaient tous pour l'unité et la paix, la solidarité véritable.
Les fêtes de fin d'année étaient le temps où l'on pouvait vérifier cette bonne réputation: bananes douces, oranges, pommes d'eau...étaient récoltées par chaque famille et mis en commun pour la "fête du premier jour", moment de joie où on s'offrait les uns les autres, la douceur du fruit de son labeur. C'était une joie de dévorer à volonté les bons fruits fraîchement cueillis en remerciant Dieu des récoltes toujours plus abondantes. Tant pis pour les traites et les bénéfices, partager était la seule récompense.
 
           Avec son fardeau rempli de fruits odorants, Kan-Kwè traînait les pieds sur le chemin jusqu'à la grande place du village. A sa démarche, on remarquait toujours son humeur excédée à laquelle tout le monde était  habituée cependant.
Les beaux paniers de fruits qu'il venait de déposer à côté de plusieurs autres, l'avaient fatigué et il avait de plus en plus de peine à le cacher. Kan-Kwè était reconnaissable à sa petite taille, à son allure recourbée, d'où son nom et à ses bras musclés auxquels il devait une fière chandelle, car notre homme, de fait, était bossu.
 
        Or, kan-Kwè, le bossu, n'aimait pas partager. Toute l'année durant, les villageois ayant partagé des repas ensembles, Kan-Kwè ne comprenait pas pourquoi il fallait encore donner aux autres des fruits, alors que cette période était la meilleure pour vendre et manger sa meilleure production personnelle. Chaque année, c'est la mort dans l'âme qu'il livrait ses deux paniers de fruits conventionnels, maudissant intérieurement l'appétit de ses concitoyens qui se délectaient sans payer ses précieuses agrûmes!
"Que de sous perdus! "pensait-il; "quel ennui d'avoir à partager sa belle récolte avec ces goinfres!"
 
       Assis à l'ombre d'un manguier, Kan-Kwè méditait rageusement comment échapper à cette encombrante coutume qui le rendait pauvre chaque fin d'année. Les yeux brillants et les visages radieux des frères qui le dépassaient en rentrant des champs ne faisaitent que l'encourager à trouver une solution rapidement.
 
En effet, partout à Assykê, les villageois étaient en liesse et récoltaient frénétiquement les fruits pour "la fête du premier jour" qui commençait donc par la dégustation des fruits, jus de fruits et qui finissait par un copieux festin de soupe à la viande de brousse, cuisinée et mangée sur place, deux semaines après.
 
Tous les Assikois rentrés à la maison, Kan-Kwè établit de réduire la part qu'il apporterait désormais au village...Mais comment? " Si je garde la plus grande partie, se disait-il, on le remarquera. Si je l'apporte, d'autres mangeront mon bien gratuitement. Et si je la vend, on me verra et on dira que je suis avare et égoïste! Néanmoins, il ne sera pas dit que je perdrai partout!"
 
Kan-Kwè commença alors à cueillir et manger sur place ses propres fruits, les plus mûrs, les plus beaux! Il mangeait beaucoup, vite, goulûment, comme un voleur qui avait peur de se faire surprendre. Au moindre froufrou, il tremblait; et comme il était pressé, torse nu et accroupit au milieu du champ, Kan-Kwè lançait les peaux des fruits par dessus son épaule...Mais les malicieuses épluchures s'accrochaient à son abondante chevelure si souvent mal peignée, puis glissaient dans le creux arrière de son cou en s'accumulant en un petit tas.
 
De fait, la chevelure de Kan-Kwè l'empêchait de localiser quoique ce soit derrière sa nuque. Il ne remarqua donc rien du "petit tas" et remit sa grosse chemise dessus avant de retourner discrètement à la maison! "On dira que des gorilles ont fait main basse sur ma récolte et cette année, c'est moi qui mangerai les produits des autres! Et je ferai ainsi chaque soir jusqu'au festin!" ricanna-t-il.
 
Le lendemain, on s'étonna de la quantité des fruits livrés par Kan-Kwè. Mais ce dernier se lamenta, accusa une horde de gorilles sauvages et déchaînés, maudit les voleurs et finalement, déclara qu'il ne pouvait faire don de fruits supplémentaires. Le croyant incapable de tromperie, on réduisit même sa part de dons et on augmenta celle qu'il mangerait à chaque fête avec les récoltes des autres...
 
Kan-Kwè recommença son manège tous les soirs pendant deux semaines, accumulant du coup les ordures dans le creux de son cou, allongeant la bosse. Il sentait bien une odeur de pourriture...Mais il décréta qu'elle venait des autres et il commença à les fuir.
 
Le 14ème jour de la fête arriva enfin. Comme Kan-Kpé, le massif chef du village, Kan-Kwè aimait la viande et la bonne nourriture. Le festin devait avoir lieu dans la cour du chef  et déjà, la grosse marmitte bouillait sur le feu. Kan-kouè se présenta le premier. Or, le chef l'avait bien observé pendant les semaines passées et il s'était rendu compte que Kan-Kwè n'aimait pas donner...il le reçut d'un ton glacial.
 
- Tu est bien matinal, Kan-Kwè, qu'est-ce qu'il y a? Tu viens déjà pour le festin? Hélas, il ne pourra avoir lieu car nous n'avons pas trouvé de gibier cette année!
 
Le visage de Kan-Kwè se décomposa comme la lumière dans un prisme. Il tira le cou pour regarder derrière le chef la grosse marmite sur le feu qui dégageait déjà une douce odeur de soupe à la viande de brousse. A chacun de ses regards ou déplacements, le chef barrait de sa masse la marmite et Kan-Kwè ne pouvait s'assurer qu'il y avait bien quelque chose à cuire. Kan-Kpé pouffa de rire:
- "Eh bien, Kan-Kwè, n'as-tu pas entendu? Pas de fête aujourd'hui, il n'y a pas de viande dans la brousse!
 
Kan-kouè, pourpre à la fois d'inquiétude, d'incompréhension et de colère balbutia:
 
- Mais chef! comment pas de viande? Et cette marmite qui boue?
 
Moqueur, le chef répliqua:
 
- Quelle marmite?
 
Kan-Kwè explosa:
 
- Mais celle-là! Tu te places devant mais je la vois, je la vois! je vois la fumée qui passe par dessus ta tête et qui me dit qu'il y a bien de la viande au feu! je sens l'odeur de la biche et de l'agouti enrôbés dans le poivre sauvage! et j'en mangerai, tu entends, j'en mangerai!
 
Kan-kpé, sévère, pointa un doigt accusateur sur Kan-Kwè:
 
- Aha! tu fais des reproches, tu accuses les autres! Et toi? Qui espérais-tu tromper avec tes hordes de gorilles sauvages? Nous aussi  nous sentons la puanteur de tes vols et les preuves de ta fourberie sont sur ton dos!
 
Kan-Kwè se frappa la poitrine en signe d'indignation
 
- Quoi? Moi, Kan-Kwè, quatrième du nom des princes de Kan, un voleur et un fourbe!? Et en plus, chef! tu oses te moquer de ma bosse? Ah! je ne te le pardonnerai jamais!
 
Kan-Kpé le fouda
 
- Oh, arrêtes tes bêtises! montres-nous plutôt le monticule d'ordures qui se sont accumulées derrière ta nuque et qui empestent le village!
 
Les Assikois qui s'étaient groupés entre temps autour des "palabreurs" se jettèrent aussitôt sur Kan-Kwè, lui arrachèrent la chemise en le huant et des peaux de fruits faisandées tombèrent à terre, devant notre Kan-Kwè troublé, effrayé et surtout...Honteux!
 
 
            Un jour, ce que tu caches précieusement derrière ton dos tombera aussi...car il n'y a rien de caché qui ne sera découvert (Luc 12.2). Tu fais des reproches acerbes aux autres sur leur conduite? Tu juges et maudis la prostituée, tu injuries les amoureux qui tombent dans le péché du sexe, tu condamnes ceux qui n'arrivent pas à se contenir dans leurs désirs, leurs passions...Mais au fond, es-tu ausi différent(e) d'eux? Un chretien n'est pas un surhomme, un extra-terrestre! N'oublions pas que si nous tenons ferme là où d'autres sont tombés, c'est parce que Dieu nous soutient, nous affermit dans notre foi. Cela ne vient pas d'un mérite ou d'une force humaine, mais que celui qui  croit être debout prenne garde de tomber! (1 Cor 10. 12-13)
 
Allons, ne sois pas si hautain(e)! TOI AUSSI TU PECHES! et tant que tu ne l'accepteras pas, Dieu ne pourra te délivrer malgré toi! ou bien veux-tu rester recourbé sur toi-même, te confiant en ta petite sagesse et croyant tromper tout le monde...Sauf Dieu!
 
           Noël est le temps idéal pour se rapprocher des autres, s'enrichir mutuellement et minimiser les divergences au profit de l'Amour. C'est le temps du donner: cadeaux mais aussi respect, considération, prières, etc. On a forcément quelque chose à partager; et si l'on ne veut pas le faire, au moins, évitons de convoiter et consommer lâchement ce dont les autres se privent, et qui sont destinés à des vrais nécessiteux, par exemple...
 
DIEU NOUS GARDE, JOYEUX NOËL!!!
 
Lumeria & Leana Davidson
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